HISTOIRES COURTES 

Qui  se souvient de Becques-figues, de la traversée de la Durance ou de "gâter les nids d'agasses". ....(les pies..)
Ce sont ces histoires racontées par les gens du village (Cacalaù, Léon Grégoire, Rose Lécuyer, Marie-Thérèse Grégoire) ou que je ressors de ma mémoire et que je retranscris par peur que tout disparaisse.
 
Jean Paul Grégoire 

SOMMAIRE


Gâter les nids de pies
TRAVERSEE INITIATIQUE DE LA DURANCE
L'ASPERGE
LA CERISE
LES FRUITS CONFITS
Nos fontaineS
LA bAUME DE l'OR
Becque figues
La course aux canards
Le Chasse-roues
En prenant le frais
LES SURNOMS 
Moulin communal
REMPLACEMENT de L'HORLOGE
L'HISTOIRE DES GARNIER
LES NOCTURNES DE LAURIS
TOITURES DE PROVENCE
LE LYCEE PAPILLON

Les fÊtes patronales

Gâter les nids de pies

C'est quoi gâter ? Définition: 

"abîmer les dents, y provoquer des caries. Gâcher quelque chose, ruiner ses possibilités de succès"


Pour nous c’était gâter les nids de pies, des agasses et des agassons, les gâcher, les éradiquer .


Dans les années 50/60 le gouvernement avait décidé d’aider les paysans et donc de supprimer les pies du paysage.

Les pies voleuses, anciennement qualifiées de « nuisibles »


Ces animaux étaient officiellement accusés de commettre des dégâts sur les activités agricoles, d’élevage ou sur la faune et la flore sauvages. Aujourd’hui comme hier, la pie bavarde est un oiseau mal aimé. Son beau plumage domino aux reflets émeraude et sa fière posture ne suffisent pas а contrebalancer les accusations dont elle fait l’objet. Il y a plus d’un siècle dйjа, d’éminents naturalistes décrivaient l’agasse comme méfiante, rusée, tracassière, pillarde et prévoyante а la fois.


Ainsi,  dans les années cinquante, le gouvernement offrait une prime à qui ramènerait des agasses mortes. C’était monsieur Poussel qui était chargé de payer ces prises selon ce barème  soit 80 centimes de francs (0,12€ aujourd’hui) 


Mr Poussel avait son magasin « ARMES & CYCLES » au 38 de l'Avenue Joseph Garnier. 

Dernièrement installés, il y avait la Caisse d’épargne et puis le cabinet de  docteur Avilès. 

Dans ce magasin il y avait de tout c’était la Samaritaine de Lauris,  il y avait aussi des clous, des boulons des munitions ..........et des bonbons.

Monsieur Poussel était légalement le buraliste préposé de l’administration. C’est l’Etat qui  lui délèguait l’achat de nos pies.


Le jeudi, nous nous retrouvions avec une bande de copains pour aller gâter les nids. Dans la colline il y avait un fameux coin « la Manoir » les nids n’y étaient pas très hauts collés entre deux fourches de pins sylvestre. Mais il fallait grimper jusqu’au nid pour attraper la pie au  nid avec ses oisillons ou les oeufs.
Certains utilisaient des lances-pierres ou des arcs (les flèches fabriquées avec des baleines de parapluie aiguisées)

Quand on attrapait une pie, il fallait la tuer, ce qui n’était pas drôle, mais certains savaient bien faire et leur tordaient le cou.

Pour moi, c’était pas possible, je n’étais mème pas capable de tenir les pattes du lapin quand ma grand mère le saignait (mais j’aimais beaucoup son paté et son civet de lapin )

Mr Poussel payait lorsqu’il avait les deux pattes, une patte ça ne comptait pas …;,  il payait aussi les oeufs au prix de deux pattes.

Les bonnes journées nous lui vendions  bien six  paires de pattes et une dizaine d’oeufs soit selon mes calculs plus de 10 francs…. 

Cela faisait pas mal de malabars de roudoudous et de soucoupes à la poudre que nous achetions à mr Poussel et  que nous allions manger à la Manoir cachés dans nos cabanes en branches.

Jean-Paul Grégoire



TRAVERSEE INITIATIQUE DE LA DURANCE

1
Avant les années 1960,  j’avais 12 ans, et il n’y avait pas encore de piscines dans les villages. Nous avions LA DURANCE, sauvage et puissante à cette époque car le barrage de Serre-Ponçon n’existait pas encore.

(la mise en eau du barrage de Serre Ponçon date du 16 novembre 1959)
 La rivière était puissante, large. Le grand bras nous l’appelions «la Mère», peut être que les paysans l’avait surnommée ainsi  du temps où elle amenait les alluvions au Printemps.
(La Mère nourricière) Ces alluvions  qui ont fait la richesse de Lauris grâce à la fameuse asperge verte.
Au début des grandes vacances, pour devenir “un grand”, il fallait traverser la Mère. Ce jour là tant attendu, tant redouté,  nous étions tous aux Iscles de Roquehauturière. Pourtant il n’y avait pas de réseaux sociaux mais on savait que ce jour là c’était le grand jour..
Nous arrivions depuis la vieille route de Cadenet pour les vélos, à pied depuis la Calade; cette ruelle en escaliers qui descend depuis le village et rejoint la plaine de la Durance. Nous profitions de cette balade pour manger des poires encore vertes, des mûres dans les ronciers et des amandes encore blanches et laiteuses 
Puis on arrivait au balltrap, qui n’existe plus.
A cette époque les chasseurs venaient y "griller" des cartouches. Je crois que ce sport est interdit à cause du plomb qui polluerait  la Durance, car les tirs étaient dirigés vers le fleuve.
Aujourd’hui il est utilisé par le club de tir à l’arc, mais aussi par une location de canoës-kayaks qui font le même trajet que celui que je vais décrire sauf aller vers Cadenet en camionnette et descente au sec 
 Ce jour là, ce devait être au début du mois de Juillet j’ai appris un peu tard que c’état le grand jour. J’ai vite pris mon vélosolex pour rejoindre l’équipe aux Iscles de Roquehauturière. 
Pas de maillot bien sûr car ma mère le cachait afin de m'empêcher d’aller en Durance. Un slip blanc petit bateau ferait l’affaire, sauf qu’au retour le blanc était  plutôt du gris teinté par la nitte (la nitte c’est le nom qu’on donnait au sable gris chargé d’alluvions des bords de durance) et  du coup ma mère voyait bien d’où j’arrivais malgré des lavages de slip à la fontaine du Canard .../...


2
De loin je vois le groupe de copains déjà prêts à partir : une dizaine de garçons en slips blancs entourés par les grands. Les grands ce sont ceux qui ont traversé l’année d'avant. 

( il y a Jean Marie Hannequin, Alain Rougon qui sont rassurants)
Eux il savent d’où partir pour que le courant ne nous emmène pas plus loin que le virage, car notre peur c’est de partir jusqu’à Cavaillon. Nous nous mettons à l’eau, les pieds glissent sur les galets et le courant nous déséquilibre. Les grands nous encadrent et nous disent d’y aller. Nous voilà partis tels des canetons et leur maman.
On nage, le courant nous déporte bien plus vite que notre nage à l’indienne nous fait avancer mais on avance, on avance. Le virage se rapproche et toujours pas pied. Un peu peur, très peur. J’ai l’impression que le courant m’arrache ma chaine et ma croix en or. J’ai peur de les perdre et là ma mère ne serait pas contente.
Mais voilà on a pied, on marche en glissant sur les galets et enfin, sauvés nous sommes sur le bord grelottants de froid et de peur mais fiers d’avoir traversé.
Mais notre parcours initiatique n’est pas terminé, maintenant il faut marcher en  amont  jusqu’au pont de Cadenet trois kilomètres plus loin. Le soleil cogne très fort et nous réchauffe, mais nos pieds nous font mal au contact des galets brulants. Près de trois kilomètres le long de la rive en sautillant pour profiter de l’ombre d’un argelas ou celle d’un petit saule pour se rafraichir les pieds.
Le vieux pont de Cadenet avec ses haubans et son tablier de bois apparait au loin.
 Dès notre arrivée nous cherchons des troncs d’arbre. Les crues de printemps ont arraché des arbres le long des berges et les ont déposés sur la grève. Il nous faut trouver des troncs peu rugueux et les rouler jusqu’à la rivière  et c’est fatiguant et dangereux pour nos jambes nues. Nous sommes quinze,  il nous faut au moins cinq troncs qui flottent bien.
Nous voila partis, accrochés aux branches. Le courant nous entraîne et les radeaux accélèrent. La Durance a été domestiquée et des digues construites sur son parcours pour casser la vitesse et combattre les inondations..../...


3
A l’approche de ces digues les grands nous conseillent de bien nous accrocher car les tourbillons arrivent... Nos troncs tournent et se redressent puis quittent le tourbillon. Nous avons peur mais on rit bien.

La descente se poursuit sous le beau soleil, on est au frais et sans se fatiguer nous arrivons bientôt en vue des terrasses du chateau de Lauris. Les grands nous expliquent qu’à leur ordre on lâche les troncs pour rejoindre la rive à la nage.
 Les troncs partent vers Cavaillon et prennent le virage,  nous nous séchons au soleil tout en cherchant les variolites,  ces pierres vert-sombre parsemées de taches claires rappelant les sinistres boutons de la variole. Ces pierres sont des talismans que les bergers gardaient précieusement.Pour nous ce sont des porte-bonheur.
Voilà notre épopée terminée, nous sommes devenus des grands, et au début de l’été prochain nous conseillerons les jeunots et les aiderons dans cette journée initiatique.




4
Plus de 50 ans après cette traversée reste vive dans mon souvenir, surement plus ancrée que si j’avais fais le trajet en canoë-kayak et pris un bain à la piscine municipale.
Aujourd’hui avec la location de canoë, bien assis dans le fourgon on rejoint le pont de Cadenet, et là il suffit de grimper dans le canot et de descendre la rivière en file indienne jusqu’à Lauris. C’est moins  dangereux 

J-Paul Grégoire




L'ASPERGE 

Agriculture et commerce : les asperges ( 1937)

L'asperge pousse depuis des millénaires autour du bassin méditerranéen. Sans doute introduite par les Arabes. Le nom asperge n'apparait qu'en 1256 chez Aldebert de Sienne.

L'asperge verte de Lauris est une variété hâtive dont la production est concentrée au sud du Luberon, entre Lauris et Cavaillon. C'est la seule asperge qu'il est inutile d'éplucher.

Elle s'est développée dans la deuxième moitié du XIX siècle grâce à Alexandre Etienne Grangier qui a rapporté des graines* d'Algérie dans une canne creuse! Cette asperge, on l'appela la " Boufarik", du nom de la région que des Laurisiens avaient exploitée en Algérie.
* Le turion est le bourgeon sortant du rhizome. Il est blanc et compact jusqu'à la surface du sol pour prendre ensuite une couleur verte et former une plante de 1,50 m environ de hauteur avec de nombreuses ramifications très fines (cladodes)

 MAIS À LAURIS IL Y AVAIT AUSSI LA CERISE

Tout Lauris travaillait pour les confiseries d'Apt.
Equeutage, épluchage dénoyautage,  découpe étaient faits en famille. Puis les cerises partaient dans une des trois usines situées en haut du village pour être blanchies
Bien que blanchies à l'eau bouillante, les rues du villages empestaient de l'odeur soufrée de cette mixture car on trempait aussi les cerises dans des bains d'acide. 
(dioxyde de soufre ou anhydride sulfureux qui reste un intrant essentiel dans le vin,)

D'ailleurs les rigoles le long des trottoirs étaient rongées par les résidus.
Les noyaux restaient dans les familles et étaient brulés dans les poêles en hiver. C'était le charbon à l'époque.
Sur cette photo Mr et Mme Poussel à gauche et leur petite fille à droite. Ce sont eux qui ont donné le site de Roquefraîche pour y construire un hôpital suite au décès par tuberculose de leur petite fille.

Sur la photo ma soeur Colette et moi dans le jardin Rue St Marc en 1952

et donc : LES FRUITS CONFITS

DIMANCHE  DES RAMEAUX

Le dimanche des Rameaux est celui qui précède Pâques
"Le vent qui souffle sur les Rameaux, ne changera pas de sitôt"  est l’un des dictons météo les plus populaires. Selon la croyance, le vent qui souffle le dimanche qui précède Pâques sera le vent dominant de l’année.

Le souvenir de cette fête chrétienne est pour moi toujours marqué par les fruits confits. Lors de la cérémonie des Rameaux, nous allions faire bénir ces dits rameaux,

Ce rameau est un joli petit bâton de bois léger enguirlandé de papier doré, simulant une branche d’arbre avec des feuilles artificielles. Il porte régulièrement, à son extrémité supérieure, une grosse orange confite, et présente çà et là, attachées autour de ses branchettes, maintes friandises qui pendent comme des fruits sur un arbre naturel.” Voilà comment Béranger-Féraud, dans Traditions de Provence, paru en 1885, présente le rameau qui était offert aux enfants par leurs parrains, lors de la fête des Rameaux.
C'était un "signe extérieur de richesse" lorsqu'il  était gros, bien rempli de fruits confits
À la campagne et dans les familles pauvres, le rameau était plus modeste : une simple branchette d’olivier ou de laurier, à laquelle étaient suspendus un fruit ou un gâteau sec en forme de colombe ou de marmouset (petit homme) qu’en Provence on appelle coulomb ou estevenoun

Pour les Rameaux, on confectionnait des petits arbustes de papier coloré et brillant ; à chaque branche se balançaient des fruits confits, des mandarines confites, des sucreries, mais on n’avait le droit d’y goûter qu’après la messe ! La vitrine de la boulangerie devenait une merveille de couleurs, le papier de soie brillait sous les rayons du soleil et ondulait au moindre souffle d’air. 
A l'église on était fiers de présenter  nos plus beaux rameaux au curé qui les bénissait

 

Jean-Paul Grégoire




Nos fontaines

"La Bonne Fontaine Fontaine-lavoir

La fontaine est située en amont du lavoir (plus tardif). Une canalisation à ciel ouvert mène l'eau de surverse de la fontaine jusqu'au lavoir. Ce dernier est couvert d'un toît en appentis, qui repose sur un muret et un pillier quadrangulaire. L'évacuation des eaux usées est souterraine. Selon M. Colon, le canal à ciel ouvert était autrefois constitué de pierres taillées en forme de tuiles canal rencersées. Elles ont été pillées
La source, qui passe sous l'avenue Philippe de Girard était réputée pour âtre la meilleure de Lauris. On venait y chercher de l'eau, même si elle était très éloignée des habitations. Cette fontaine fut également appelée "La Fontaine des Malades" parcqu'on y aurait lavé le linge des patients du sénatorium (pourtant à trois kilomètres de l'édifice).



Le lavoir de Courcoumaïre" ou "Le Lavoir de la Cime

Lavoir isolé, situé en contrebas du village et alimenté par des canalisations creusées dans le rocher, sous le quartier du Carrelet. (P. d'A., p.232) Un oratoire sous le vocable de Saint-Jean est situé à l'entrée du chemin qui y mène
"Il s'agit de la fontaine communale la plus ancienne connue (citée dans le cadastre de 1565). Elle a été plusieurs fois reconstruite et augmentée d'un lavoir au XIXè siècle" (P. d'A., p.232). La rencontre avec Raymonde (93 ans), de Lauris a été très intéressante, elle même ayant lavé à ce lavoir quand elle était plus jeune : "C'est à ce lavoir que les femmes venaient laver leur linge deux fois par an pour les grosses lessives, et dans la semaine pour le petit linge. Elles y pique-niquaient le midi. Il y avait un très gros débit d'eau. Elle
était tiède l'hiver et fraîche l'été. Le séchage du linge se faisait dans les champs (le linge étant disposé à plat). Après on y a mis des barres d'étendage (qui se trouvent sur le chemin d'accès au lavoir)." Pour Michel Colon, le "Moulin Neuf" (aujourd'hui disparu) se trouvait à proximité du lavoir. Différents nom se sont succédés. "La Cime" est celui qui reste le plus courant aujourd'hui


L'Usine du Moulin"Usine génératrice d'énergie

Moulin situé au sud-ouest du village, dont le canal est encore existant (son circuit passe sous les jardins du château). Mentionnée au XVIè siècle, cette canalisation a été réalisée en dalles de pierre
Ensemble visible : canal, martelière qui s'ouvre vers l'usine ou les champs à irriguer. Mécanismes intérieurs : turbine, élévateur d'eau, et évacuation de l'eau vers un bassin, lequel alimentait en eau les maisons de Lauris, dès la fin du XIXè siècle.
L'usine hydroéléctrique à remplacé un moulin à eau antérieur, et aurait été en usage entre la fin du XIXè siècle à la deuxième guerre mondiale. Lauris aurait été alors le 1er village du Luberon à produire sa propre énergie éléctrique.



La Fontaine du Canard"

Fontaine, également appelée "fontaine du Cygne" elle est adossée à une maison d'habitation, et est visible depuis la D 973 sur laquelle elle s'ouvre

Fontaine de 1853 et remaniée au début du XXè siècle. Canard (Cygne) en fonte crachant de l'eau. Les canards ont été volés, et les habitants se sont plusieurs fois cotisés afin d'en faire refondre.

"La Fontaine de l'Eglise" XVIII

"Fontaine communale reconstruite en 1761 face à l'entrée de l'église."
Buffet d'eau en pierre de taille calcaire, mascarons sculptés, pilastres et corniches. A rapprocher des fontaines du Jardin-Neuf


FONTAINE DU CIMETIERE NEUF

En 2012 nous avons installé une belle fontaine que les services techniques ont démonté et rebâtie 
C'est on don de Mr MAK notre pharmacien. Elle se trouvait auparavant dans la cour intérieure de la pharmacie.



 

LAVOIR de fontenille


 Alimenté par les eaux captées dans le luberon, l'eau arrive depuis des galeries appelées "tounes"
Il y a eu un procès des habitants de lauris contre l'appropriation illégale par le  propriétaire de la bastide

Fontaine lavoir de la marchande

 La fontaine se compose d'un fût décoré moulurée et surmontée d'une pierre arrondie.
Un lavoir est accolé et fonctionne en surverse  de la fontaine

les fontaines (suite)


Fontaine Rue Saint-Roch / Av. de la Crau 

edifice  dont le buffet est de facture récente. La vasque taillée dans un bloc monolithique semble plus ancienne.
Elle a été construite à l'initiative de Max Olsina et Jean Grégoire





FONTAINE RUE SAINT MARC

 Cette fontaine construite en 1851  aurait été remplacée  en 1945.La précédente fontaine plus ancienne était placée perpendiculairement aux façades des maisons de la même rue. Un médaillon en émail indique l'auteur de l'ouvrage
Lui faisant face, de l'autre côté de la rue, un oratoire représentant Saint-Marc  est intégré au bâti d'une maison


Fontaine Rue du mûrier

Fontaine a buffet d'eau rectangulaire, située à l'extérieur des remparts XVIè. Elle est récente, mais à emprunté une forme du XIXè siècle. Son canon est en fonte


LA bAUME DE l'OR

Article de Monique Roustan paru dans le n°15 d'Avril 1996

Chaque village a ses légendes... Lauris n'y déroge pas et a aussi sa légende de la Baume de l'Or. La Baume de l'Or ou Bombe de l'Or est une grotte au pied du Luberon, au-dessus du vallon de Recaute. Voici cette légende:
Cela se passe à l'époque des seigneurs de Lauris, quand le peuple croyait encore aux maléfices et aux mauvais génies. Les laurisiens étaient persuadés que le Luberon était hanté de sylphes, de sorcières... et ne s'aventuraient guère dans ces gorges. Les Anciens racontaient aux enfants ébahis qu'une grotte, située à flanc de roche, enfermait dans le sable de son sol, de l'or et qu'un génie de la montagne veillait sur ce trésor.
Un jour, faisant fi des conseils de leurs aînés, deux jeunes laurisiens décident d'aller voir. A l'entrée du vallon de Recaute, ils rencontrent une belle cavale blanche. Ils l'enfourchent et partent vers la grotte. A mesure qu'ils avancent, d'autres jeunes gens allant chercher l'or enfourchent eux aussi la cavale. Celle-ci s'allonge à chaque fois qu'un garçon s'installe sur son dos, mais trop occupés par leur but, les jeunes gens ne s'en aperçoivent pas. Arrivée au pied de la grotte, la cavale jusqu'alors placide, se met à piaffer, à bondir, puis dans un formidable hennissement, se met à galoper et à grimper le clapier qui conduit à l'entrée de la grotte. Au fur et à mesure qu'elle grimpe, sa croupe se raccourcit, désarçonnant ainsi ses cavaliers qui roulent par terre les uns après les autres. Quand il n'en reste plus qu'un seul sur son dos, la cavale entre calmement dans la grotte. C'est ainsi que depuis le Moyen Age, la cavale blanche garde l'entrée de la grotte de la Baume de l'Or.

Une autre version, moins romanesque, dit que dans les années 1789, les seigneurs de Lauris auraient caché leur trésor dans une grotte du Luberon qui pourrait bien être celle de la Baume de l'Or. Mais les fouilles entreprises vers 1900, ne donnèrent aucun résultat. M.Felix Fourment aurait embauché (par bonté peut-être plus que par conviction) le Père Raby et le Taupe (M.Méran) pendant deux semaines pour creuser un puits dans la grotte, mais sans succès.
Nous avons aussi cherché, mais nous ne vous dirons pas le fruit de nos recherches. Allez-y vous aussi, ce sera l'occasion d'une belle balade et vous en reviendrez peut-être...un peu plus riche!

D'après les renseignements donnés par Marie-Thérèse Grégoire -que nous remercions vivement-, qui les tenait de sa maman, Rose Ablemond ép. Lécuyer.






Becque figues

Quand on badait la figue


Le beque-figue ou becfigue serait un oiseau, une fauvette. C’est pourtant ainsi qu’à Lauris on appelait ce jeu qui avait cours au moment du Carnaval.

Jusque dans les années 1960 cette tradition amusait beaucoup les petits.

Le jour de Carnaval, arrivaient dans l’école, à la plus grande joie des élèves, une bande de fêtards tous habillés de chemises de grand-mère avec bonnet de nuit sur la tête et la figure enfarinée. On les appelait les «bois sans soif». Nombreux jouaient d’un instrument de musique, plus ou moins bien, l’essentiel était de faire du bruit, pendant que d’autres munis de pots de chambre en porcelaine faisaient déguster aux enfants de la crème de marron. On imagine aisément la pagaïe, les cris de joie, les visages barbouillés...sous l’oeil  faussement réprobateur du maitre d’école.

Mais le clou de la fête c’était «Beque-figue». Deux ou trois joyeux drilles se juchaient sur le mur de l'école primaire  qui autrefois séparait la cour des filles de celle des garçons. Armés de cannes à pêche au bout desquelles ils attachaient des figues sèches, ils les faisaient pendre au dessus de la tête des enfants. Et ceux-ci, mains dans le dos, devaient les attraper en «badant» comme une nichée d’oisillons demandant la becquée.

Bousculades et rires assurés. Ne restait plus aux mamans...qu’à faire la lessive.

Jean-Paul Grégoire


La course aux canards à la  fête de cucuron

A l’origine , c’était une mare alimentée par des sources du Luberon dont l’eau faisait tourner les moulins à farine. Au début du XIXe siècle, elle fut aménagée en bassin sur l’emplacement actuel.

Chaque été, pour la fête votive il y avait la chasse aux canards.
 Il s’agissait de former des groupes et de sauter dans ce grand bassin très froid pour y attraper des canards en les poursuivant à la nage.(Le comité des fêtes avait pris soin de leur couper un peu les ailes pour qu’ils ne s’envolent pas)

Nous étions une bonne trentaine à nager pour coincer les volatiles dans un angle du bassin.

Une fois attrapé, le canard avait la tête coupée et était offert à l’équipe victorieuse.

Nous repartions à Lauris avec nos trophées sanguinolents.
 Tout ça c’était en 1960, car aujourd’hui impossible de prendre un bain non sécurisé par un maître nageur et pas question de couper la tête à un animal 

Jean-Paul Grégoire


Le Chasse-roues




Savez-vous ce qu'est un chasse-roues?  Sûrement peu de personnes le savent car ils ont quasiment disparus. Avec les automobiles, la vie trépidante de maintenant, il faut reconnaitre qu'ils gêneraient plus qu'autre chose. Mais dans le temps... quand on ne circulait qu'à pied ou avec des charrettes et des tombereaux tirés par les chevaux, les mulets ou les ânes, les chasse-roues avaient grande utilité : ils étaient même indispensables.

Mais qu'étaient donc les chasse-roues et à quoi servaient-ils ?


à l'entrée du chateau pour le passage des caisses




Les anciens prenaient des pierres les plus dures possibles qu'ils allaient sûrement chercher à la carrière qui se trouvait à l'entrée du vallon de Bigonce. Ces pierres faisaient à peu près soixante centimètres de hauteur et une quarantaine de largeur. Les hommes les taillaient en demi pain de sucre et les posaient contre les maisons qui étaient dans les angles des rues les plus étroites. Ces grosses pierres empêchaient les moyeux des roues d'abîmer les murs des habitations, surtout quand les rues étaient très étroites.







Texte de Jacky Grangier dit CACALÀU






Ainsi, les roues des charrettes butaient contre la pierre, les bêtes continuant à tirer, le derrière du véhicule ripait et se remettait dans le droit chemin. Facile de faire tourner une voiture avec un volant dans les mains, mais avec une paire de guides, c'était plus difficile pour diriger un âne ou une mule. Un vieux proverbe provençal dit bien : « Têtu comme une mule ou comme un âne» Ce n'est pas pour rien : ils vont souvent où ils veulent et pas forcément où tu veux qu’ils aillent ! Pourtant en voyant certains angles de maisons, on peut

se demander si ces vieux outils ne pourraient pas reprendre du service 
Le chasse-roue remettait « dans le droit chemin » le véhicule, moyennant une forte secousse pour les passagers.

Il servait aussi de borne-montoir aux cavaliers pour les aider monter ou descendre de selle




Dans les rues au temps passé. En prenant le frais.


Tous les étés après souper, on se retrouvait devant les maisons de« la petite Nande » et de« la Raymonde» et là, on prenait le frais. (Prendre le frais, c'est profiter de fa fraÎcheur de fa nuit tombée et se reposer après une dure journée de labeur, mais c'est surtout raconter de bonnes histoires et débiner les uns, les autres).

Les vieux étaient assis sur une chaise ou sur le banc de pierre, nous les minots sur le bord du trottoir, les oreilles grandes ouvertes pour ne pas perdre un mot de ces Làurigounades. Je me rappelle d'un soir où toutes les femmes du coin étaient venues, et les bons mots

fusaient de tous les côtés. En voilà quelques-uns dont aujourd'hui j'ai encore souvenance.

La Gotton, vieille dévote à trois mentons (en provençal: très cul, trois culs) nous débita toute sa ribambelle depuis sa jeunesse si belle à sa vieillesse ridée; le boucher du coin qui attrapait un galopin qui lui dérobait trois pans de saucisse; le bûcheron qui corrigeait sa femme à coups de manche de hache. Les avares furent vite sur le tapis : celui qui ne mangeait que des haricots toute la semaine; les propriétaires du château Mme et Mr André qui se partageaient un oeuf de poule pour dîner ; la femme de l'Amadou qui pour ne pas salir ses mouchoirs se mouchait avec les doigts, et la Claire qui quand elle faisait cuire une côtelette, mangeait la chair à midi et le soir suçait l'os pendant un quart d'heure. Picatan qui jusque là était resté muet prit la parole : « Vous voulez que je vous dise une chose quasi invraisemblable, vous connaissez la 'belle Marie', celle qui couche un peu chez tout le monde, eh bien c'est pas pour ce que vous croyez, c'est tout simplement par avarice, c'est pour ne pas user les draps de son lit». Tout le monde éclata de rire, et comme se faisait tard nous allâmes nous coucher sur cette joyeuse note.


Jacky Grangier dit CACALÀU

on  prenait le frais en se racontant des histoires sur "le banc du sénat"

LES SURNOMS 

Tiré du journal municipal février 2006
par  Jacky Grangier dit CACALÀU (l'escargot)

aimé Gebelin, charles veyrac, léon maurin, marcel roman, Clément renoux,  Robert sylvestre

Dans notre village, tant foisonnent les surnoms Dans la campagne, dans les rues, sur les places

Entre la Durance, le ciel bleu, le Luberon.
 Que de nos patronymes on ne trouve plus trace

Le Bille, le Bombu, Beau Nichon et Bombone En voilà quelques uns respirant de santé

Le Gros Bec, le Merle, la Pintade, Linotte En voilà quelques autres très doués pour chanter

Barbadou, l'Amandier, le Cade, Carotte Tous ceux-ci sont issus de madame nature

Le Gambille, Beluguet, Mazurka, Patalo , Eux sont gais, pétillants, amoureux d'aventures

La Nielle, leDore, Gerlingot et le Sucre ....-'Ces quatre appellations fleurent bon la douceur

Le Têtu, le Bataille, le Râleur, l'Inquiet. Eux à longueur de journée, ils crachent leurs rancoeurs

Le Piquette, Pompette, et Paulin de bon vin Ces amis-là sont les rois du rince gosier

Rabasse, le Chasseur, le Figue, le Pinen",  sentent bon la Provence, le thym et le laurier

Le Bossu, Nez Double, Jambe de Bois, le Boiteux , leurs tares naturelles sont devenues  surnoms

La Fouine, le Renard, le Sent Bon, le Putois . Mieux vaut en être éloigné, ils ne sentent pas bon

Je pourrai continuer ainsi pendant longtemps. Car voyez-vous autant que j'ai souvenance

Des surnoms dans la tête, j'en ai au moins deux cents Les évoquer pour moi, est un bain de jouvence Dans notre village tant foisonnent les surnoms

Que de nos patronymes on ne trouve plus trace Je crois que c'est un bien, avouez-le j'ai raison  Joie, humour, amitié sont vraiment à leurs places

Cacalàu

J'y ajoute quelques surnoms que m'a donné MThèrèse Grégoire

  • Parce que sa mère était bouchère et qu’elle était célèbre pour sa blanquette. On l’appelait « La Blanquette » et son fils, c’était «Le Blanquet »Marius Ablemont
  • il y avait beaucoup de Grégoire, par exemple, mais pas tous de la même famille.
    On disait que s’il y avait tant de Grégoire, en Provence, c’est à cause du pape Grégoire Onze et de tous ses bâtards. À Puget, il y avait le Grégoire Tresquiou (« le trois culs ») parce qu’à sa naissance, la sage-femme avait dit « Mon Diou qu’es beu aqueu pitcho, sembra qu’a tres quiou ». Mon Dieu quel beau petit il semble qu'il  ait trois culs . Elle parlait de ses joues
  • Pareil pour le « Bel eou » (« le bel œuf ») : il n’avait pas un cheveu à sa naissance et toute sa vie, même s’il avait des cheveux, on l’a appelé le « Bel eou ». Lui, c’était un Morin.
  • Parce qu’il avait réussi le certificat d’études, et son père qui était analphabète, et qui était tout ébahi de sa réussite répétait « lou pitchoun a agu un gran sucé ». Il est devenu le sucé . Il s'agit du boulanger Grégoire
  • Le valer (grand père se serge Sauze ) qui s'était insurgé devant un allemand  en lui criant  "valer de Diou" (voleur de Dieu)
  • Le surnom de rosy  lui vient de son fantasme des soutien-gorges de la marque ROSY

       On disait de lui qu'il avait une grande dextérité pour dégrafer les corsages. Jje ne dirais pas de qui   il  s'agit mais il aime venir boire so café chez Nulle Part Ailleurs....







historique du projet du Moulin communal

Du moulin à Farine Communal (1514 à 1894)

à l’usine Hydro-électrique Communale (1894 à 1932)
Le Moulin à Farine Communal


Construit par Julien de Pérussis (Seigneur du fief de Lauris depuis le 5 décembre 1511) et suite à l’autorisation de dévier les eaux de l’Aiguebrun le 11 avril 1514

En 1544, la commune obtient le rachat du Moulin  et y place des fermiers

A la révolution le Seigneur Jean Louis Martin d’Arlatan tente de racheter le Moulin. Le procès s’arrête au moment de la Terreur.

La Commune, autorisée par le Préfet vend le moulin aux Enchères le 1° juillet 1813

La Société de gestion fonctionne  jusqu’en 1851 . Puis il est revendu ; nous ignorons qui l’a racheté, mais le moulin à farine continuera  à tourner.
Le Moulin à Farine se transforme en usine Hydro-électrique Communale (1894 à 1932) 

 

A l’origine le manque d’eau de sources tarit les fontaines du Village.
 Pour utiliser l’eau du MOULIN A FARINE en substitution, il fallait une  pompe élévatrice .
 Mais si l’on fabriquait du courant électrique pour alimenter LAURIS en eau, alors pourquoi ne pas l’utiliser aussi pour l’éclairage public, et celui des particuliers ? 
 Les deux projets EAU et ECLAIRAGE furent menés de front 

 


historique du projet du Moulin communal (suite)

Le 15 janvier 1894, Paul VEYRAC  est élu Maire de LAURIS 

Doté d’esprit d’entreprise il va conduire ces projets à terme
La transformation du Moulin en 1894


Première étape : rachat du moulin

Deuxième étape : estimation du coût des travaux

(Le legs GARNIER est utilisé pour un projet d’interêt public. 1895/ 1896)

Le 9 juin 1897, Mr Candelier, ingénieur des Ponts et Chaussées vient expliquer le fonctionnement des machines

              L’ensemble s’élève à 83 753 Francs Or

Troisième étape : les travaux  furent exécutés en 1899


Inauguration le 1er octobre 1899 
En présence de 
 Mr NIVERTS : Ministre de l’Agriculture
 Mr MASCLET:  Préfet
 Mr GUERIN: sénateur
 Mrs Pourquery de Boisserin et Delestrac : députés du Vaucluse, les Maires de Cavaillon, Puget, Lourmarin , Vaugines, Cucuron.
 
            Son histoire se termine en 1932 avec l’électrification par la société
                « Energie Electrique du Littoral Méditerranéen »

D'après les textes de Mme Genès

REMPLACEMENT de L'HORLOGE


Par une belle nuit d’été, nous avions l’habitude, mon père et moi, de deviser sereinement dans la campagne. Alors que la pendule égrenait invariablement les heures, mon père se mit à me raconter cette belle histoire.

C’était en 1919, me dit-il, je rentrais de la guerre la «der des der». La tristesse était générale car dans beaucoup de familles des hommes n’étaient pas revenus, et la mélancolie n’arrivait pas à s’estomper. Aussi, chacun comptait sur ce Noël tout proche pour faire revenir un peu de réconfort. Même la vieille horloge s’était arrêtée quelques années auparavant, elle ne sonnait plus. «Décidément les temps étaient bien difficiles» se lamentaient les Laurisiens et ils soupiraient. Que faire ? Le village n’avait plus d’argent et une horloge, c’était si cher !

Mais voilà que par un froid matin, les Anciens qui avaient l’habitude de se retrouver sous les «campanes», virent arriver des étrangers de Montpellier


Et ces messieurs se mirent en peine de descendre l’horloge, et de la remplacer avec beaucoup de soin par une autre, aussi belle : elle venait du Jura, là où se fabriquaient les meilleures horloges du pays indiquèrent les Anciens qui n’avaient pas manqué un seul instant de l’installation. 

Les Laurisiens n’arrivaient pas à comprendre ce qui leur arrivait : même ceux qui allaient à l’église ne savaient plus à quel saint se vouer.
 Etait-ce un miracle ? 

Mais le maire savait. Il savait que c’était une Laurisienne, Madame Veuve Léopold ANDRE  qui, tout simplement n’avait pas hésité à verser 2 000 francs de l’époque, une vraie fortune, pour faire ce beau cadeau à son village. Et c’est ainsi que tout Lauris put entendre et savourer, pendant la nuit de Noël et pendant bien d’autres encore, le son joyeux et familier de cette horloge qui, dit-on, ramena dans les foyers ce peu de chaleur que tous espéraient.


par Léon Grégoire
(texte transmis par Cathy TERRIS)

Campanile magnifique, avec sa cage en forme de bulbe constituée de volutes, se terminant par une sphère ajourée surmontée d’une girouette, d’un drapeau et d’une croix. Ce campanile, certainement l’un des plus beaux de la région, n’abrite pas une cloche mais un timbre d’horloge
Il a été Dessiné par Sollier, architecte à Apt et fabriqué par les frères Mousquet, il a été placé en 1857 sur le clocher de l’Eglise Notre-Dame-de-la-Purification, appelée aussi Notre-Dame de la Chandeleur ; cette église a été reconstruite en 1702 sur les fondations de l’ancienne église du XVème siècle 


L'église Notre Dame de la Purification 

Une première église fut construite à cet emplacement en 1480. C'était un petit édifice à vaisseau unique. Devenue trop exigüe et délabrée, une nouvelle église fut bâtie entre 1702 et 1708 selon les plans de l'architecte aixois, Vallon. La cage en fer forgé ("gabie" en provençal date de 1857 et fut dessinée par Sollier

l'histoire des garnier

Au XIX° siècle, l’agriculture prend un essor considérable et affirme dans certains secteurs, notamment l’asperge, la réputation internationale de Lauris. 

Grâce au don de Joseph-Francois Garnier (fils) les Laurisiens  érigent les digues en Durance, ce qui retient les alluvions et fertilise les terres à asperges 

Nous avons déjà raconté la vie de MR GRANGIER, importateur de l’asperge de Lauris; 

Voici l’histoire des GARNIER Père et fils résumée par Jacques Rouchouse 

Le père : Joseph-François Garnier naît en 1755 à Lauris, dans une famille modeste, le Père est cordonnier, Place Jean d’Autan (au centre du vieux village). 

Il avait pour oncle un bassoniste de l'Opéra, qui le fit venir à Paris et lui fit apprendre le hautbois. « Monté » à Paris en 1769, il entre (à 14 ans) comme « surnuméraire » aux pupitres des hautbois et de flûte de l’Opéra. 

Il va y faire une carrière de près de 40 ans, occupant indifféremment les postes de premier hautbois et de flûtiste. 

On le voit professeur de hautbois à la Garde Nationale, puis 1er professeur de hautbois dès la création du Conservatoire National de musique par la Convention en 1795. Il est auteur d’une Méthode pour le hautbois (1798). 

Il est connu et estimé du monde musical : 

- Florence Badol-Bertrand, professeur d’Histoire de la musique au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, a écrit que Garnier « … a été le sauveur de l’Ecole Française de hautbois sous la Révolution ». 

- Le hautboïste Claude Villevieille, quant à lui, écrit que l' »on peut le considérer comme le premier théoricien Français de l’instrument, à l’origine de l’Ecole Française ».



- Jacques ROUCHOUSE Biographie du compositeur Joseph-François Garnier, a écrit 

Le Mystère des Garnier, ou l'aventure extraordinaire de trois provençaux, hautboïstes à l'Opéra de Paris, à la fin du xviiie siècle, Éditions du Luberon, Lauris 

Joseph-François Garnier est mort à Paris en 1825.On ne sait pas où il repose. 

 

Les deux frères de J.F. Garnier, Jean Baptiste et Charles, ont été également musiciens dans les orchestres de l’Opéra et de la Cour. Trois frères issus d’un village et brillants sdans la capitale : 

un exemple unique et remarquable « d’ascension sociale » ! 

Le fils : Joseph-Francois Garnier fils (même prénom que son père, d’où une certaine confusion), est né en Bretagne en 1796. Médecin à Paris, il sera Maire de Neuilly de 1843 à 1848. Il mourra à Paris en 1865, après avoir, par testament, légué une moitié de sa fortune à Neuilly, et l’autre « à la commune de LAURIS, où « est né mon père, et qu’il a toujours aimée » 

En reconnaissance, Lauris lui a élevé une statue, et a attribué son nom à l’artère principale du village. Il repose au cimetière de Neuilly. 

 

Quant au père, son nom vient d’être donné à l’école de Musique, ce qui est bien naturel ! 



LES NOCTURNES DE LAURIS

1966 à 1970

affiche Juillet 1970

Mr CUXAC Maire de Lauris
et Roger Pillaudin 

l'ART ENSEMBLE OF CHICAGO orchestre free jazz

JP Gregoire, René Campioni, Michel Loquet;
Léo Ripert, Henri Catier, Alain Rougon, Serge Sauze
entourent Anne VANDERLOVE Chanteuse (la Joan Baez française)



Roger Pillaudin, ce nom ne dit probablement rien aux plus jeunes. C’était pourtant un grand bonhomme, qui a marqué la vie laurisienne de 1966 à 1970. 

Roger Pillaudin, écrivain et producteur à l’ORTF, a été un pionnier de la «maison ronde» où il a rencontré les très grands. Il a créé L’homme en question où il partageait les interviews avec Anne Sinclair qui faisait ses débuts. Il a présenté ainsi Salvador Dali, Lucien Clergue, Jacques Chancel, Gaston Bachelard, Mendès France, le philosophe Roger Garaudy... 

C’était aussi un proche de Jean Cocteau. En 1959 il était aux Baux-de-Provence sur le tournage du Testament d’Orphée, où il réalisa avec son équipe radiophonique des captations sonores, constituant le journal du tournage du film (visible sur Youtube). 

Il fut aussi l’ami de Jean Vilar. Il a même été le dernier à lui parler la veille de sa mort. Objet de la conversation; l’oratorio « Un contre tous » d’après les carnets politiques de Victor Hugo, musique d’Ivo Malec, adaptation R Pillaudin qui fut joué en 1971 au Festival d’Avignon juste après sa mort. 

 

Roger Pillaudin qui vivait à Paris avait choisi notre petit village pour se ressourcer. Il avait sa maison au quartier du Carrelet et avait de solides attaches à Lauris. C’est tout naturellement qu’il choisit Lauris pour monter une entreprise, folle à l’époque : créer un festival dans un petit village, soutenu en cela par Jean Vilar pour qui c’était une décentralisation, une ruralisation en marge du Festival d’Avignon. 

Cette manifestation ils l’appelèrent Les Nocturnes de Lauris, et ils firent les choses en grand avec d’une part des artistes de renommée internationale et d’autre part une retransmission en direct sur France Culture, ce qui supposait toute une organisation autrement plus complexe que maintenant. 

le quatuor Bartok le haute contre Charles Deller du DELLER CONSORT, le saxophoniste Michel Roques et bien d’autres 

Nous étions les bras plutôt que les têtes, nous faisions taxi pour aller récupérer les artistes à la gare ou à l’aéroport. Nous allions couper le buis sauvage dans le Luberon pour décorer le tour de la scène. Nous placions les chaises et les instruments.


..../....

Nous avons mème étés retransmis en direct et mondovision. Les antennes de l’ORTF étaient installées sur la route de la Roque 

 

Les Nocturnes de Lauris furent donc créées en juillet 1966 par Roger Pillaudin, et le programme était très ambitieux : 

A cette époque avec mes copains Henri Catier, Léo Ripert, René Campioni, Michel Loquet, Serge Sauze … nous avions 17/18 ans et passions les mois d’été à aider les plus grands : Jeannne Tardieu, mon père Jean Grégoire, Roger Pillaudin, Roberto Zaldua. 

C’est grâce aux Nocturnes que nous avons connu Pia Colombo, Michel  Bouquet, Giani Esposito et écouté l’ART ENSEMBLE OF CHICAGO (free jazz) 

Le soir de spectacles pantalons gris, blazers foncés et cravates nous faisions les ouvreuses pour placer le public. Bénévolement bien sûr. 

Mais notre paie, c’était de côtoyer les artistes. Nous déjeunions avec eux à la table commune installée chez Lucie Parraud (à coté du café PARRAUD ) elle  préparait les repas et les servait. C’était chaleureux et bien moins couteux que de mener tout ce monde au restaurant. 

Les soirées se jouaient sur les terrasses du Château alors propriété des Pères Missionnaires. La scène était posée sur le bassin quadrilobe, sous le grand tilleul. 

On y laissait l’eau, ce qui désaccordait les pianos et clavecins, mais ça il ne fallait pas que les musiciens le sachent. 
 Nous redoutions la pluie pour ces concerts en plein air, mais une seule fois nous avons du tout rapatrier au château dans le déambulatoire de la salle Bloch et ceci une heure avant le début du spectacle. C’était le soir du free jazz et l’Art Ensemble avait beaucoup, beaucoup de matériel (voir la photo). Ce fut aussi la dernière année des Nocturnes. En effet, la conférence de presse réalisée à la mairie en présence de laurisiens avec ces 5 hurluberlus chevelus qui fumaient des pétards avait de quoi affoler les laurisiens, et l’équipe municipale changeant cette année là, l’a nouvelle municipalité préféra subventionner les jeux de boules…Dommage 

Le maire de la Roque d’Anthéron de l’époque M. Honoratini, s’en est inspiré pour son Festival, très fameux maintenant.Il avait dit à mon père: 

« Jean, quand vous vous casserez la gueule, je reprendrai ce concept à la Roque » 

C’est cette époque des Nocturnes qui m’a donné l’envie un jour de reprendre ce concept. J’ai fait revivre Roger, Roberto, Mr Cuxac, mes parents pendant 6 ans.
 J’ai arrêté par manque de bras, ceux des jeunes que nous étions de 1967 à 1970

TOITURES DE PROVENCE

Les toitures provençales sont presque plates par rapport à celles des pays froids. La pente ne dépasse pas 30 à 33 %, alors qu'elle atteint 50 % en Alsace. La solidité et la résistance au vent de la toiture est renforcée par une génoise. Ou alourdie par des grosses pierres 

 

La génoise provençale  est constituée de tuiles creuses et arrondies, ou tuile canal. Le toit se termine en plusieurs rangs (de 2 à 5) de tuiles qui débordent la façade Elles avaient un rôle à la fois pratique, en permettant d’évacuer les eaux de pluie, mais également symbolique : plus le nombre de rangs était important, plus le rôle social du propriétaire était imposant. C’était un moyen de différencier les classes roturière, qui ne pouvait avoir que deux rangs tout au plus, et aristocratique. Certains hôtels particuliers et bastides pouvaient avoir jusqu’à cinq rangs. 

 

L’autre solution moins onéreuse est de bloquer les tuiles en posant de lourds galets en bordure de toiture…. 

 

Voilà la mésaventure qui m’est arrivée il y a quelques années : 

A cette époque j’étais adjoint à l’urbanisme. Il faisait beau et très chaud et les touristes nombreux. Tout à coup j’entends de grands cris et un monsieur très énervé vient me signaler un grand danger : 

Monsieur, de grosses pierres sont prêtes de tomber du toit, il faut que vous fassiez installer un périmètre de sécurité sous cette maison. C’était le toit au dessus de la boulangerie. C’est très grave et vous serez responsable s’il y a un accident. 

Alors je tente de lui expliquer que c’est normal, qu’ici et dans toute la région nous posons des galets en bord de toiture pour éviter que les tuiles s’envolent avec les coups de mistral. 

Il ne m’a pas cru le parisien, et il est parti convaincu que j’étais un fou inconscient du danger. Enfin, un très mauvais adjoint à l’urbanisme. 

J’espère qu’il a compris depuis 



À Matsu, au large des côtes chinoises, à cause du vent fort, les maisons n’ont quasiment pas d’avant-toit. L’une des particularités de ces constructions est, en réalité, les petits cailloux posés sur les tuiles. Cette pratique est issue d’une part des vents forts qui soufflent quasiment constamment sur ce petit village de pêche et, d’autre part, certaines tuiles n’ayant pas de joints en ciment, les cailloux permettent donc de les fixer. C’est une technique très pratique et surtout économique s’il s’agit de remplacer des tuiles brisées. 



Le lycée papa, le lycée papi... le lycée Papillon. 

C'est Mme THOULET la maman d'Huguette THOULET ( maman d'Hélène Lemière) qui avait organisé cette "école", en effet pendant la guerre de 40, les jeunes filles qui avaient terminé l'école primaire ne pouvaient pas aller à Apt ou à Marseille où les lycées étaient fermés. 

Mme Thoulet avait embauché une professeur qui enseignait au domicile situé dans la maison GRANGIER sise en face de la place Garnier à coté du bar restaurant nulle part ailleurs 



.

LES FÊTES PATrONALES

Mme meunier institutrice et les jeunes tambours Robert Piacentino, JPaul Hubert,JPaul Grégoire. La princesse Nicole Sauze, le prince Patrice Davin 


Pendant toute ma jeunesse le début des vacances était marqué par les fêtes patronales. 

La plus attendue était la kermesse de la Paroisse. 

Elle était organisée par les paroissiens proches de l’église et pratiquants 

Cette kermesse se déroulait dans le jardin du Colonel.
 Le Colonel c’était le Colonel TERRIS, et les jardins se trouvent à l’entrée de Lauris à gauche du rond point devant le garage 
 Il y avait un grand concours de boule, des jeux d’enfants comme le porquatin ou la course en sacs. 

Le jeu du porquatin (cochon d’Inde) consistait  à laisser entrer aléatoirement un petit cobaye dans une des six boites posées en cercle fermé. L’animal était caché sous un carton au milieu de l’arène, quand il en était libéré il se dirigeait vers uns boite numérotée. Il désignait ainsi le gagnant de la partie
Ce jour là il y avait aussi une estrade sur laquelle les enfants dansaient, jouaient une pièce. 

Nous passions une belle journée à l’ombre des platanes centenaires.
  
 Il y avait une buvette. Les adultes y buvaient du pastis, mais pas n’importe lequel, c’était du pastis maison. Il était fabriqué avec des doses d’anis vendues par un marchand ambulant qu’on pouvait suivre à l’odeur. Il était  mélangé à de l’alcool qui était produit par la coopérative agricole et en principe réservé aux bouilleurs de cru. Chaque famille donnait de cet alcool à 90°…. 

A l’époque on voyait sur les fenêtres des bouteilles posées en plein soleil « pour enlever le goût de marc » disait ma mère. Chacun avait sa recette (ma mère y rajoutait quatre grains de café) 

Bien sur, bien qu’illégal, il était vendu au stand des boissons. Et les gendarmes venus contrôler la kermesse ne se faisaient pas prier pour boire un pastis ou deux.  

 

Dans le mème esprit il y avait la kermesse de l’école et celle du Sporting Club Laurisien  qui elle si tenait dans le parc Meynaud, juste à coté des écoles. Là aussi on vendait du pastis « maison «



Grâce à notre expérience, notre sérieux et notre approche orientée résultat, nous avons eu la chance de travailler avec de nombreux clients d'exception.

Vous pouvez ici vous présenter rapidement et expliquer ce que vous faites. Qu’est-ce qui vous vous rend unique, et comment pouvez-vous aider vos clients ? Pas besoin de longs textes - les textes courts sont les bienvenus car en général les internautes n’aiment pas trop lire sur un écran.